Fr – Étape 32

Jeudi 1er Septembre 2005
St Jean Pied de Port (Pyr Atl) – Mauléon Licharre (Pyr Atl) 42 km * Cumul 894 km

2005.0801.carte32.StJeanPieddePort-MauleonLicharre

Mal dormi, comme d’habitude, à cause de ma jambe. Lever 6h30. Petit-déjeuner 7h. Le temps de faire mes adieux à ceux qui continuent, ceux qui patientent quelques jours avant de franchir les Pyrénées, ceux qui restent, et ceux rentrent, je me remets en route à 7h45. Il a plu toute la nuit, toute la vallée est emplie de brouillard, mais il ne pleut plus, le temps reste cependant couvert, une bénédiction pour les marcheurs. Je presse le pas pour profiter de cette fraîcheur au cas où le soleil viendrait à se lever, mais il n’en sera rien de toute la journée, Dieu soit loué ! Ultreïa ! (3)

En 1h je suis revenu à St Jean Le Vieux et Bussunaritz. 1H plus tard je suis au col de Gamia. La descente de la D120 est plus laborieuse car il n’y a pas des banquettes partout et la dureté du goudron agresse les articulations. Ibarrolle, Ibarre, St Just Ibarre. 21 km, normalement l’étape sur le guide se termine ici. Mais il n’est que midi et mon guide n’indique aucun gîte dans les environs. Guide de merde qui me fait arriver dans un village où il ne propose aucun hébergement ! Je suis bien de toutes façons obligé de continuer.

L’étape suivante St-Just-Ibarre – Mauléon-Licharre fait aussi 21 km. Je dois marcher encore 6 km, jusqu’au col d’Osquich pour trouver une bière et un sandwich dans l’unique hôtel-restaurant du lieu. Le patron sympa m’offre la café. Je me rechausse, je ne me suis arrêté au total que 30 minutes. Je redescends sur Musculdy puis Ordiarp où là il y a des gîtes. Oui, mais je ne suis plus qu’à 6 km de Mauléon, et là j’ai vu sur mon guide, qu’il y a des « Frères des Écoles Chrétiennes », et l’on est généralement très bien reçu dans les communautés religieuses. Je continue donc malgré la fatigue. En arrivant sur la place, je fais quelques photos, je visite l’église, puis je me mets en quête de mon gîte. Vieille bâtisse immense, ancien collège. Il n’y a plus qu’une quinzaine de frères très âgés. Le directeur vérifie ma crédentiale, l’oblitère et me donne une chambre, individuelle, quel pied !…

Routine habituelle : douche, lessive, messe à 18h30, repas à 19h. Là je me rends compte que nous sommes 4 pèlerins, l’un vient de Montpellier, parti début août, 30 ans, enseignant de musique à titre libéral, et un couple de jeunes infirmiers qui viennent d’obtenir leur diplôme, et sont partis de Lourdes pour s’arrêter à St Jean Pied de Port. Je parle de mon mal de jambe au repas, le musicien me propose de m’imposer les mains, ce que j’accepte. J’ai effectivement passé une nuit plus sereine, est-ce entièrement fortuit ?…

(3) Ultreïa, mélange de latin et langue « vulgaire » est une interjection de joie que se lançaient les pèlerins du Moyen Age pour se donner du courage. La vraie interjection semble être « E ultreïa, E susseïa » qui signifie « Plus loin, allons! Plus haut, allons! » Cette interjection se retrouve dans les strophes d’un chant du Codex Calixtinus (Livre de Saint Jacques) de 1140, précieusement conservé maintenant dans le musée de la Cathédrale de Santiago après avoir fait l’objet d’un vol rocambolesque en 2011.
En voici le texte, traduit par l’historien et musicologue navarrais Eusebio Goicoechea Arrondo :
Herru Sanctiagu — Seigneur Saint Jacques
Got Sanctiagu — Grand Saint Jacques
E ultreïa — Plus loin, allons!
E suseïa — Plus haut allons!
Deus adjuvat nos. — Dieu aide nous!
(Source: https://www.ultreia64.fr)

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