Compostelle France

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epuis le début de l’année Julie, ma nièce, me bassinait par mail : « Qu’as-tu prévu de faire pendant les vacances d’été, moi je n’ai aucun plan jusqu’à présent. Ne pourrait-on prévoir quelque chose ensemble… je ne sais pas quoi… une randonnée en Corse par exemple ou ailleurs, quelque chose comme ça… Est-ce que ça te brancherait ?… »

Je n’avais encore rien prévu, et je n’avais pas envie de prévoir quoique ce soit. Rien ne me « branchait » vraiment. J’ai fait plusieurs semaines la sourde oreille, ne répondant pas ou à côté du sujet. Et puis un jour, une illumination en tombant sur un article dans un magazine : Compostelle !… J’en avais entendu parler, mais je ne m’étais jamais appesanti sur le sujet. Cela faisait partie de ces choses qui pique la curiosité mais que l’on remet sempiternellement au lendemain en attendant d’avoir le temps, qu’une opportunité concrète et urgente se présente…

Un rapide coup d’œil sur Internet. Visiblement l’info ne manquait pas. Je n’imaginais pas qu’un pèlerinage pouvait encore de nos jours susciter un tel engouement. J’étais vraiment surpris… Enfin, un pèlerinage, le terme est un peu inadéquat, car nombre de « pèlerins » ont d’autres motivations. 1800km, des étapes de 25 km… et ça chaque jour pendant 2 mois… Hum, je n’avais encore jamais fait ça, mais bon, s’il y a autant de pingouins pour le faire, pourquoi pas moi !… Pourquoi pas nous !… Elle voulait marcher, elle allait être servie…

Tergiversations, consultations de sites pour cerner d’un peu plus près la question, estimation des difficultés, du temps nécessaire, disponible, de la quantité de « pépètes » strictement indispensable à la réalisation du projet… Enthousiasme finalement.

Décision prise, il va falloir maintenant planifier tout ça dans le détail. Lecture attentive des différents sites pour en fin de compte m’arrêter sur quelques-uns qui aident au choix de l’itinéraire, fournissent de la documentation et orientent vers les ouvrages indispensables à la maîtrise d’une préparation sérieuse et nécessaire.

La Via PODIENSIS ou route du Puy-en-Velay, la plus proche de Marcenod, et aussi la plus anciennement connue depuis que l’évêque GODESCALC s’est rendu à Compostelle durant l’hiver 951. Le pèlerin médiéval partait de chez lui à pied. S’il rejoignait ses semblables en certains lieux pour « faire le chemin », c’était surtout par souci de sécurité et d’entraide. Nous ferons de même pour tenter de retrouver un peu de cet esprit-là…

La plupart des guides conseillent des étapes journalières d’environ 25 km, ce qui est tout à fait tenable dans des conditions normales : beau temps, dénivelé moyen, minimum d’entraînement à la marche. Nous avons par contre des contraintes de dates : Julie travaille jusqu’à fin juillet, et nous devons être rentrés pour le mariage d’Edith (fille de Christian mon frère) et Manu le 10 septembre. Il faudra donc s’y prendre en deux fois. Notre calendrier nous amène en 36 jours et quelques 900km le lundi 5 septembre à St Jean Pied de Port. Sauf que je me suis promis d’arriver jusqu’à Lourdes, où je n’ai jamais mis les pieds, 140 km plus à l’Est et qu’il me faut pour cela trouver le moyen de gagner 5 jours sur l’ensemble du parcours…

Coquille.St.Jacques.EU2

Pourquoi la coquille ?…   Au début des pèlerinages de Saint-Jacques-de-Compostelle, les marcheurs ramassaient des coquilles qu’ils trouvaient sur les plages de Galice et les portaient fièrement à leur retour comme preuve de leur périple et comme souvenir. Elle leur permettait aussi de se distinguer des autres voyageurs, de boire dans les fontaines et demander l’aumône aux habitants.
Source: http://www.via-compostela.com/fr

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