Es – Étape 34

Samedi 5 Juin 2010
Olveiroa – Fisterra
39 km – Cumul 907 km

2010.0501.Carte34.Olveiroa-Fisterra

Le branle-bas démarre dès 5h du matin dans les dortoirs. Nous attendons tout de même 5h30 pour nous lever. Une porte de chiotte ne ferme pas, aucun problème pour moi, les autres font la queue pour pouvoir s’isoler. A 6h10 nous sommes en route avec la ferme intention de marcher au moins 2h ou 10 km avant de déjeuner. A 5 km, un bar en plein vent est ouvert, Yong est tenté, mais c’est bien trop peu pour s’arrêter. Il fulmine dans sa barbe de 3 jours : Tu ne veux jamais t’arrêter, toujours aller plus loin… Les collines sont désertes, nous avons même droit à une descente très pénible de 1 km dans des éboulis. Je suis un peu gêné car nous avons dépassé le dixième kilomètre depuis longtemps et toujours pas âme qui vive… Nous devrons attendre Cee au kilomètre 20 pour déjeuner. Une consolation cependant : nous avons déjà fait la moitié du chemin.

Je suis furieux parce que la pétasse qui tient son bouiboui au pied de la descente à Cee nous sert son café dans des dés à coudre. Yong maugrée contre l’absence de croissants. Nous partons mécontents, après tant d’efforts, de notre petit-déjeuner raté.

Il faut en finir au plus vite, Yong n’a qu’à suivre ! Corcubion, Sardineiro… J’ai mal aux jambes, j’ai mal aux pieds, les kilomètres décroissent sur les bornes jacquaires. L’arrivée à travers les plages de Fisterra est interminable. A 13h nous nous attablons enfin dans un restaurant sur la place du village. Yong prend l’avion demain, nous devons donc impérativement rentrer ce soir sur Santiago. Nous repérons le bus et nous faisons confirmer l’horaire de 16h45.

J’ai d’abord dit à Yong que nous n’aurions pas le temps d’aller à pied jusqu’au phare distant de 3 km, mais j’ai expliqué la situation à la serveuse, elle nous a servi en priorité. A 14h nous sortions du bar. Le calcul a vite été fait : il nous restait 2h45. 40 minutes pour aller au phare, 40 pour en revenir, et 1h donc pour visiter et prendre des photos. Yong fait la gueule, il pensait s’asseoir dans un taxi. Il n’est pas venu de sa Corée natale chipoter pour 3 misérables kilomètres… Je le perdrai à l’arrivée au phare, et tandis que je suis en train de courir partout pour prendre des photos, il me croit déjà reparti et revient sur Fisterra de peur de manquer son bus. Nous nous retrouvons finalement à la terrasse du bistrot en face de l’arrêt de bus.

L’autocar n’est pas direct, il dessert tout un tas de localités le long de la côte, et mettra quasiment 3h pour revenir sur Santiago. Au Seminario Menor nous serons obligés de prendre des chambres individuelles car les dortoirs sont pleins. Pas de douche ni de wc dans les chambres individuelles, qu’un lavabo. Les douches dans les salles communes en face de nos chambres sont dans un état lamentable : aucune porte ne ferme, pas de banc pour se déshabiller, où poser ses affaires, pas de tablette, fuites sur les flexibles et les pommeaux, une catastrophe qui m’oblige à tempérer les éloges de notre premier séjour.

Nous retournons dîner à notre restaurant habituel. Yong est heureux : le calvaire est terminé, demain nous ne marchons pas, demain nous ne nous levons pas. Nous sommes plus forts qu’Obama avec son « Yes we can ! », nous, nous pouvons dire « Yes we did ! » Nous portons un toast à notre exploit. Il en profite aussi pour me souhaiter un « happy birthday ». Je n’y avais même pas pensé… Il commande à cet effet une deuxième bouteille de Rioja, que nous ne pourrons pas finir, et tient absolument à payer l’addition. Incroyable Yong !

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