Es – Étape 29

Lundi 31 Mai 2010
Melide – Santa Irene
32 km – Cumul 787 km

2010.0501.Carte29.Melide-SantaIrene

D
ebout 6h. Nous mettons le sac à l’épaule à 6h30, et marchons 12 km avant de trouver un bar ouvert. En campagne, il n’est pas question de croissants, au grand dam de Yong. C’est americano et tostadas, ou bocadillos bien sûr. Nous nous contentons de notre menu habituel. Nous abattrons les 19 km restant d’une seule traite, négligeant les terrasses de bar ensoleillées qui attirent le pèlerin comme un aimant.

A Santa Irene, il n’y a que deux albergues : une privée de 15 places et une publique de 36 places. Nous avons dépassé une bonne centaine de pèlerins, marchant ou attablés aux terrasses de bistrots, et je ne voudrais pas être obligé de marcher encore pour atteindre le village suivant…

A 12h30 nous sommes à Santa Irene. A une bifurcation un panneau annonce que l’albergue privée est complète. Moins d’une dizaine de personnes font déjà la queue devant l’albergue publique qui, premier mauvais point, se trouve au bord d’une route nationale. Beaucoup devront pousser jusqu’à Arca qui dispose d’une albergue publique de 120 places. Autre inconvénient majeur des albergues publiques : on ne peut pas réserver, pas même pour un compagnon qui se trouve 30 minutes derrière. 3 choses sont indispensables pour obtenir un lit : la crédentiale, le passeport, et la personne physique.

Cette auberge, une fois encore, est à l’égal des autres auberges publiques : 2 chiottes, 2 douches, et un seul bac à lessive. Outre l’exiguïté et l’absence de tablette dans les douches, le chauffe-eau électrique ne fait que 50 litres, ce qui signifie qu’après 4 ou 5 personnes, on se retrouve ensavonné avec de l’eau froide au-dessus de la tête… très agréable ! Il y a une machine à laver, et une autre à sécher, mais il faut compter 4€40 pour une lessive, et 2€ supplémentaires pour sécher… exorbitant ! Nous faisons notre lessive à la main, et comptons plus sur le vent que sur le soleil pour la sécher.

Aucun bar à moins d’un kilomètre et aucune alimentation à moins de 3 ! Ça, ce n’était pas indiqué dans le guide. Je sais bien que 1 km ce n’est pas beaucoup, mais quand on en a déjà 30 dans les pattes, on trouve la plaisanterie un peu saumâtre. Nous nous contentons donc de boire l’eau du robinet, et attendons 17h de manière à ne faire qu’un unique déplacement vers le restaurant bar le plus proche. Nous avons faim, mais comme nous n’avons aucune envie ni de faire 2 allers-retours, ni de poireauter tout l’après-midi dans un bar, nous choisissons de rester allongés au gîte.

Dans la quiétude de l’après-midi, j’ai encore pris une photo de mon talon, histoire de me souvenir qu’il n’était toujours pas guéri après 4 semaines de marche. Il reste un trou de 1 cm de large sur 5 mm de profond. Je ne sens pas les bords, ils sont anesthésiés. Je circule en tongs l’après-midi après la douche, et le soir, pour favoriser la cicatrisation, en veillant à ce que personne ne me suive de trop près. Dès que je remets les baskets le matin, j’ai la sensation qu’un caillou est coincé entre la chaussure et mon talon. Je prends pourtant bien soin de remettre une compresse grasse pliée en quatre chaque matin et maintenue par deux larges bandes d’urgo. Au bout d’une heure la douleur s’atténue, et nous pouvons reprendre notre rythme habituel. Il y a peu de chance que cette blessure se referme avant Fisterra.

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