Es – Étape 25

Jeudi 27 Mai 2010
O Cebreiro – Triacastela
22 km – Cumul 674 km

2010.0501.Carte25.OCebreiro-Triacastela

Nous sommes debout à 6h. Mes vêtements sont secs. A 6h30 nous sommes au resto d’hier au soir en train de déjeuner. Yong et ses sempiternels croissants ! Je le laisse faire, mais découvre trop tard qu’il s’agit de pâtisserie sous cellophane. Je ne pourrai pas terminer le second. A 7h nous sommes en route. Le ciel est couvert, nous sommes dans les nuages, mais ô miracle, il ne pleut pas. De 1300 mètres, nous montons à 1337 pour passer le col. Nous aurons les mains pétrifiées sur les bâtons jusqu’à 9h du matin. Il est clair que les plaines de Castille sont loin maintenant. Les terres à blé rouge ocre ont laissé place depuis 3 jours à des terres noires, de grasses prairies et de vertes forêts. L’élevage laitier est omniprésent.

Ici comme ailleurs, des barbouilleurs ineptes ont maculé de leur insignifiance les panneaux de signalisation du Chemin. Nous parcourrons l’étape d’un seul trait, en étant déroutés toutefois par des travaux de génie civil sur le Chemin qui nous obligent à descendre un sentier abrupt en plein champ qui nous amène à 600 mètres en quelques kilomètres. J’ai horreur de ces descentes brutales qui font horriblement mal aux genoux.

A 11h30 nous sommes à Triacastela où nous dédaignons le refuge municipal pour le privé Aitzenea, 35 places, 7€, ambiance familiale, pas d’attente, sympa. Une hospitalière française y assure l’accueil avec son copain danois. Tous deux doivent bien avoir 70 ans au moins. Elle ne parle pas un mot d’espagnol mais se débrouille ma foi assez bien avec toutes les nationalités en faisant visiter les lieux.

A Triacastela, il y a des albergues partout, on ne risque pas de coucher dehors. En visitant le village, nous tombons sur un vendeur de poulpe ambulant qui tient chaudron sur la place de la mairie. Yong ne veut pas s’attarder, mais j’insiste car la Galice est la région du poulpe, et il n’est pas question d’ignorer les spécialités locales. Nous le regardons faire un instant, servir une cliente. Il sort les poulpes entiers de son chaudron et débite les tentacules en rondelles. La tête est considérée comme un bas morceau, et les gens n’en veulent pas. Il sale, saupoudre de piment rouge, arrose d’huile d’olive et emballe le tout dans un sachet plastique que la cliente n’aura plus qu’à réchauffer au micro-ondes pour le repas du soir. Nous nous faisons servir une assiette bien garnie que nous avions l’intention de déguster à l’albergue avec du pain et une bouteille de vin, mais il est 14h passées et tout est fermé jusqu’à 17h. Nous nous résolvons la mort dans l’âme à consommer sur place. Quel gâchis sans pain ni vin, mais quel délice aussi. J’achète, écris et poste mes 3 dernières cartes pour Annie, Jeannot et Gérard, mes oncles et tante.

A 19h nous partons manger au resto que l’hospitalière nous a conseillé. Il y a foule et nous devons attendre un peu pour obtenir les menus. Mais notre patience sera récompensée : La soupe galicienne est excellente, et sa consœur aux pois chiches ne l’est pas moins. Yong a pris ensuite une côte de bœuf à la plancha, il ne pourra pas terminer. J’aurai également du mal à terminer ma langue de veau maison. Nous ne toucherons pas aux frites. En dessert il y avait des spécialités comme fromage au miel et autres, mais quand l’estomac est plein, il est plein. Nous nous contenterons d’une glace de la même qualité que le reste. En rentrant du resto, nous ramassons le linge sur les lignes et allons dormir.

Cliquez sur la miniature pour voir les photos… (Touche « échap » pour quitter)

« 1 de 16 »

Parcourir l’étape suivante…