Es – Étape 20

Samedi 22 Mai 2010
Hospital de Orbigo – Santa Catalina de Somoza
27 km- Cumul 546 km

2010.0501.Carte20.HospitaldeOrbigo-SantaCatalinadeSomoza

Il est toujours pénible de quitter les couvertures le matin, c’est pourquoi j’attends que Yong se lève le premier. Je suis bien obligé de suivre… Le cérémonial est identique chaque jour : Se forcer à aller à la selle pour ne pas avoir à le faire dans des conditions plus inconfortables en journée, toilette de chat, reprise des « vêtements de travail », rangement des vêtements de sortie, du nécessaire à toilette, du drap qui me tient lieu de sac de couchage, refaire le pansement de mon talon (tulle gras et tricostéril), enfiler les chaussettes, lacer les baskets, pas trop serré pour ne pas ulcérer la blessure, mettre le sac à l’épaule, ajuster les courroies, vérifier sur et sous le lit, sous l’oreiller, la couverture, que rien n’ait été oublié. Le tout souvent à la torche électrique pour ne pas trop indisposer ceux qui, pour diverses raisons, prolongent leur repos. Prendre en mains les bâtons, et quitter à nouveau un nid plus ou moins douillet pour faire face au Chemin.

Nous côtoyons encore sur une dizaine de kilomètres cette infernale N120. Sur les hauteurs de San Justo de la Vega un camping-car nous attend. Des hospitaliers nous interpellent avec du café, du thé, du jus, des madeleines et des gâteaux secs. Ça tombe bien, nous n’avons pas encore déjeuné. La formule est « donativo ». Depuis l’aire de repos nous avons un panorama splendide sur Astorga. 15 minutes après nous laissons 3€, remercions et prenons congé.

Astorga est à 4 km, et il n’est pas question de passer à Astorga sans visiter, au moins la cathédrale Santa Marta du XVème siècle… Elle est absolument magnifique. Nous faisons également le tour du palais épiscopal Gaudi que nous n’aurons pas le temps de visiter. Après une bière et l’achat de quelques cartes postales, nous reprenons la route.

Quelques kilomètres après Astorga, le paysage se met à changer, le relief s’élève et la terre devient plus aride, les cultures de plus en plus rares, les genêts et la rocaille remplacent les ondoyantes céréales.

A 13h nous touchons au but. L’hôtel Caminante à Santa Catalina de Somoza se présente en premier. 6€ la nuit. Confort bien semblable à un refuge municipal, si ce n’est une affluence beaucoup moindre, et donc moins d’attente. L’Internet est payant, 1€ les 30 minutes, c’est heureux, il sera au moins accessible. Douche, lessive, bière, vin, écriture… La routine de tous les jours en attendant le repas du soir.

Nous allons dîner à l’albergue concurrente « San Blas » pour 9€. Excellentissime soupe de pois chiches, je me suis resservi 5 fois et terminé la soupière. Yong, plus raisonnable, a pris une ensalada mixa. Ensuite 3 tranches de filets de porc pour Yong, une escalope de veau pour moi, le tout de l’épaisseur d’une tranche de jambon avec ces inénarrables frites. Glaces quelconque pour terminer.

En rentrant je secoue mon lit pour réveiller le pensionnaire du dessus qui ronflait comme une locomotive. A 21h, cela fait sourire tout le monde, mais plus tard dans la nuit ?… Moi, j’ai été vacciné depuis mon enfance : mon père ronflait autant qu’un orgue de barbarie. On pouvait l’entendre depuis la place du village. C’était bon signe pour nous qui rentrions tard dans la nuit du samedi au dimanche. Signe que maman nous ouvrirait en toute discrétion au moindre gravier sur les volets. En moyenne, un pèlerin sur deux ronfle. En dortoir, c’est parfois une véritable « symphonie », d’où l’intérêt, pour les âmes sensibles, de ne pas oublier les boules Quiès.

Ce matin je n’ai plus pensé à la position du tuyau d’aspiration de ma gourde en mettant mon sac sur le lit, son contenu s’est répandu sur le matelas. La ménagère va penser que j’ai pissé au lit, tant pis.

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