Es – Étape 11

Jeudi 13 Mai 2010
Belorado – San Juan de Ortega
25 km – Cumul 267 km

2010.0501.Carte11.Belorado-SanJuandeOrtega

Nous sommes dans la rue à 7h15. Il fait 4° et il pleut. La tentation de capituler m’effleure une nouvelle fois, mais il me faut tester ces fameuses compresses. Journée de merde. La pluie s’est rapidement muée en neige. Les doigts sont crispés sur les bâtons, je ne les sens plus, et je ne peux pas me passer des bâtons à cause de mon talon. Je serre les dents et j’avance. 10km de forêt, de la boue, toujours de la boue, et je suis en baskets. Personne ne parle, les visages sont fermés. Nous arrivons frigorifiés à San Juan. Il n’y a qu’un seul bar encombré à l’excès de sacs, de bâtons, de capes et de pèlerins grelottants. Il est midi, l’accueil n’ouvre qu’à 14h et la neige continue à tomber. La machine à café tourne à plein régime, trop long !… Nous prenons une bière et nous réfugions dans l’église où il fait aussi froid qu’à l’extérieur.

L’accueil ouvre enfin et tous les indigents se précipitent. Le refuge est une bâtisse du XVIIème ou XVIIIème siècle, ancien monastère avec des dortoirs de 25 lits superposés, 5€. Pas de chauffage. Nous ne laverons pas nos affaires aujourd’hui, nous avons trop froid, et comment sécheraient-elles ?… Heureusement chaque lit est doté d’une couverture. La mienne est tellement mince que je suis obligé de la plier en deux pour ressentir quelqu’effet. J’ai beaucoup de peine à m’endormir tellement j’ai froid. Vers 18h, j’avise un lit inoccupé dont je soustrais la couverture. A cette heure et avec ce temps il n’arrivera plus personne. Les derniers intrépides se seront arrêtés bien avant. Mes frissons se calment et je peux commencer à écrire. Nous attendons 18h30 et leur fameuse soupe à l’ail que l’on nous a promise à l’enregistrement. Nous comptons beaucoup dessus car nous ne pourrons pas dîner ce soir : le seul restaurant bar affiche complet depuis le début de l’après-midi. Je n’ai pas été assez rapide.

Yong a un paquet de biscuits et moi une banane et deux mandarines. Par chance deux de ses compatriotes impressionnés par la cohue qui régnait au bar à midi, et chagrinés de devoir patienter 2 heures, ont décidé de poursuivre jusqu’au prochain refuge. Ayant appris par Yong que nous n’avions pu réserver à dîner, ils nous ont cédé, avant de se remettre en route, deux mini sandwiches qu’ils avaient prévus pour leur repas du soir. Nous apprendrons à Burgos qu’ils ont atteint Atapuerca 8km en aval de San Juan.

16h30, un héraut passe dans les dortoirs pour annoncer la soupe. Tout le monde se lève et descend au rez-de-chaussée. Une marmite et son serveur nous attendent. La soupe est effectivement excellente. Nous parvenons à en obtenir deux bols, et remontons illico dévorer nos maigres provisions. Brossage des crocs et dodo. Ni chahut, ni longues discussions, tout le monde a froid et s’emmitoufle dans ses hardes.

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