Es – Étape 08

Lundi 10 Mai 2010 Logroño – Nájera . 30 km – Cumul 198 km

2010.0501.Carte08.Logrono-Najera

C
e matin heureusement qu’il ne pleuvait pas car je n’étais pas loin d’abandonner. Je n’ai pas donné suite pour 2 raisons essentielles : abandonner maintenant pour revenir dans 15 jours ne me séduisait guère, j’avais aussi des scrupules à abandonner Yong qui m’a bien encouragé jusque là.

J’ai trop de difficultés à mettre mes chaussures ce matin. Je décide de mettre mes chaussures de gym qui devraient être plus supportables. Je ne peux pas faire 30km en tongs, si le Chemin est trop boueux nous emprunterons la route jusqu’à Nájera.

Par bonheur les chemins sont secs. 2ème jour sans pluie depuis le départ. Comme le souligne le pèlerin espagnol rattrapé dans une côte « Por la gracia de Dios y de Santiago no lluvia hoy » (Par la grâce de Dieu et de St Jacques, pas de pluie aujourd’hui).

Je ne sens plus mes jambes, j’ai l’impression de traîner des poteaux de bois sur les 5 derniers km. Il est 14h lorsque nous entrons à Nájera. Compte tenu de nos 2 arrêts pour petit-déjeuner et repérer la bonne route, nous avons tenu une moyenne de 5km/h. Une trentaine de sacs attendent en file indienne devant l’accueil du refuge qui n’ouvre qu’à 15h. Nous prenons rang et allons nous asseoir sur un banc resté libre. Lorsque nous payons les 5€ habituels et faisons tamponner nos crédenciales, une soixantaine d’autres pèlerins sont arrivés derrière nous. Un dortoir unique de 3 rangées abrite une centaine de lits superposés. Une nouvelle fois les sanitaires sont sous dimensionnés : 2 pour les filles, 2 pour les garçons. Rien pour déposer savon, shampoing et gant, pas de portemanteau pour accrocher nos vêtements, et le sol est déjà trempé. 2 lavabos d’eau froide pour laver le linge de 100 personnes !…

Après 30km, on n’a plus qu’une seule idée après la douche : dormir. Qu’importe le va et vient autour des lits. Les trois quarts des pèlerins sont au lit et ronflent en plein milieu d’après-midi. La température est toujours inférieure à 10°. Nous avons froid en permanence, et bien davantage après la douche. Cela incite à s’enfermer dans son sac de couchage pour se réchauffer un peu.

En Espagne, il est possible de déjeuner jusqu’à 14h, mais « cenar » (dîner) n’est généralement pas possible avant 20h. En attendant je vais faire un retrait dans une « caja rural » dont le distributeur doit dater de l’époque mérovingienne. Il me donne mon argent, c’est l’essentiel. Nous sirotons 3 ou 4 « copas de vino » avant de manger. Omelette au boudin et piments. Yong n’a pas aimé, il est vrai qu’elle n’était pas assez assaisonnée. Ensuite « chipirones », petits poulpes minuscules et calamars avec des putains de frites, glace en dessert, 11€ avec la bouteille de vin habituelle, mais 50cl seulement cette fois-ci. Les pingres !…

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