Es – Étape 05

Vendredi 7 Mai 2010 Puente la Reina – Estella . 24 km – Cumul 118 km

2010.0501.Carte05.PuentelaReina-Estella

C
e con de Yong se lève à 5h30. Je ne regarde pas ma montre et me lève aussi pensant que 6h sont passées. La moitié du dortoir est déjà partie. Ils sont tous barjos ! Comme j’ai une barbe de 4 jours, je profite de cette heure matinale pour m’en occuper. Avant de partir nous prenons un café au distributeur, dégueulasse bien sûr…

En traversant la ville, nous trouvons un salon pâtisserie ouvert. Song m’arrête : Pour lui pâtisserie = croissant, il ne tourne qu’à ça ce con ! Je lui répète qu’un croissant c’est insuffisant pour marcher 20km et que nous devrions plutôt nous orienter vers des fruits et des bocadillos (sandwiches) plus consistants. Il me répond que pour l’heure nous en prendrons deux. Je me laisse convaincre et nous engloutissons, lui deux croissants, moi deux pains au chocolat, tout gras, plein de beurre, dégueulasses. J’ai peur de les avoir sur l’estomac le reste de la matinée… Mais non finalement, il doit être en ce moment trop avide pour protester.

Nous marchons, nous marchons sans arrêt, comme des malades. Il fait frais, mais il fait soleil. Surtout ne pas se plaindre, le soleil est si rare depuis le départ. Les bourbiers de la veille ont disparu. J’ai bien fait de nettoyer un peu mes chaussures. Je ne voulais pas m’encombrer de bâtons, mais j’ai finalement bien fait d’en acheter une paire qui s’avèrent très utiles, surtout lorsque l’on est blessé, mais pas seulement. En montée, ils permettent de tirer avec les bras, en descente ou dans les endroits cahoteux, de conserver l’équilibre et par là de ménager les muscles et les articulations des genoux et des chevilles.

A 13h nous sommes à Estella et trouvons sans trop de peine « el refugio parroquial San Miguel » (refuge paroissial St Michel). L’accueil n’ouvre qu’à 13h30 mais la porte est ouverte. J’en profite pour aller prendre une douche avant que ce ne soit la cohue. A 14h je me glisse dans le flot des pèlerins nouvellement arrivés pour accomplir les formalités d’usage. Nous sommes 16 dans notre chambre, et il y a au moins une autre chambre comme la nôtre. J’ai trop mal au talon pour aller me rendre compte. Comme les autres jours, j’ai enlevé mon pansement après la douche, et je pulvérise mon talon de mercurochrome incolore toutes les heures en espérant une accalmie.

J’ai acheté 4 cartes postales hier et je profite de l’après-midi pour écrire. Quelle grâce tous les jours, cet après-midi de repos ! Si je n’étais pas handicapé par cette histoire de talon, nous irions faire un tour en ville, mais il fait trop froid pour sortir en tongs et traîner de surcroît ma patte folle sans protection. Il fait si bon sous les couvertures.

Yong a voulu m’accompagner pour la messe de 19h. Nous nous sommes faits avoir au refuge : Le repas du soir n’était composé que d’un plat de spaghettis bolognaises, en quantité bien trop limitée pour rassasier des pèlerins affamés. Nous avons dû ressortir pour dîner. Salade de crudités, filet de bœuf frites, un filet de bœuf aussi mince qu’une tranche de jambon, glace. Menu bien chiche pour 9€. De plus nous avons été installés comme des chiens juste en face de la porte d’entrée. Cette « excellente » prestation leur a valu un pourboire du même ordre : nul.

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