Es – Étape 02

Mardi 4 Mai 2010 Roncesvalles – Zubiri . 21 km – Cumul 48 km

2010.0501.Carte02.Roncevaux-Zubiri

Nous nous levons à 6h dès l’éclairage des lumières. Il faut encore faire la queue devant les 4 WC. Je remplace les bandes d’urgo de mon talon esquinté et juxtapose de nouvelles bandes pour couvrir la totalité de la surface de la blessure. Il a plu et venté toute la nuit. Les lavabos, contrairement aux douches, ne sont pas alimentés en eau chaude. Remettre les chaussures me prend une bonne dizaine de minutes. Nous mettons le pied dehors à 7h.

Journée de merde en perspective : Il ne pleut plus mais le ciel est bas et il fait un vent à décorner les bœufs. J’ai mal mais il faut avancer, il n’y a pas d’autre alternative. 21 km dans la forêt, sur des chemins caillouteux. Je pensais m’arrêter à Burguete pour petit déjeuner, mais mon compagnon n’en exprime pas le désir, tant pis. J’ai un peu peur de m’arrêter car les km n’avancent pas pendant ce temps. Je me demande comment il tient ce spartiate ! Hier au soir il n’a bouffé qu’un quart de son assiette de pâtes, il n’a pas mangé les frites1 qui étaient servies avec sa truite, et un yaourt… Nous ferons l’étape d’une seule traite.

A midi nous sommes à Zubiri, fourbus, après une longue et pénible descente. La pension Usoa est complète, nous n’avons pas d’autre choix que le refuge municipal. 6€, mais les douches sont à 50 m du dortoir, il pleut, elles sont épouvantables, salle commune, aucune intimité, pour tout équipement un banc en plastique aspergé par les douches collectives sans rideau. Refuge à ne choisir vraiment qu’en dernier ressort. Je repère le réfectoire à côté des douches et j’y viens avaler quelques rondelles de saucisson avec un restant de baguette d’avant-hier. Heureusement elle n’est pas dure. Elle aurait d’ailleurs du mal à durcir avec ce temps pourri. J’engloutis également ma dernière pomme et je vais me coucher car il fait trop froid et je suis trop fatigué pour laver mes vêtements.

17h, j’ai dormi 2h au moins. Il pleut sans discontinuer depuis notre arrivée. Je décide d’aller laver au moins mon slip et mon tee-shirt. Il ne risque pas d’être sec bien sûr, mais ce qui m’handicape le plus c’est cette satanée blessure au talon. Elle me fait un mal de chien. C’est elle qui m’a réveillé d’ailleurs. J’utilise 3 compeed pour couvrir sa surface, l’autocollant s’applique sur la chair à vif. Je colmate tant bien que mal le reste avec deux morceaux d’urgo qui aident à maintenir le tout en place.

19h arrivent, je n’ai guère envie de sortir pour aller manger avec ce temps de cochon, mais mon compagnon insiste, et il faut bien se nourrir pour pouvoir marcher demain. Nous avisons sous la pluie un bar-restaurant où nous dégustons pour 11€ une excellente soupe à l’ail, poisson frite (décidément !), une glace, et une bouteille de vin de Navarre, un peu raide au demeurant. Nous rentrons vers 20h. Il pleut toujours et il ne doit pas faire plus de 5°.

Nous avons prévu de nous lever à 6h30 demain et de venir déjeuner au même endroit, de faire ensuite l’étape d’une seule traite jusqu’à Pampelune (20 km). J’espère que j’arriverai à marcher jusque là.

1 Des frites avec du poisson ! C’est vraiment n’importe quoi. L’ « american style » sévit partout.

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